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Chronologie

Hésingue au fil de l'Histoire
des origines à l'après-guerre 1939-45


5500 à 2400 av. J-C Néolithique
Sédentarisation de l'homme. Apparition d'une économie fondée sur l'agriculture et l'élevage.

vers 1250 av. J-C Age du Bronze
Les Celtes donnent naissance à la civilisation des "champs d'urnes" (en Europe centrale)

vers 1000 av. J-C
Civilisation celtique de Hallstatt
(Alpes autrichiennes)

vers 800 av. J-C
Expansion vers l'Ouest, du peuple celte (Allemagne du sud, Suisse, future France)

754 av. J-C
Fondation de Rome

vers 500-450 av. J-C
Les Celtes occupent la Gaule du Nord, de l'Ouest et la Suisse.
Civilisation de Tène ( Neuchâtel)










Origines


L'origine de la localité de Hésingue serait à chercher à l'époque gallo-romaine mais diverses découvertes archéologiques témoignent d'une occupation du site à l'âge du bronze (1500-700 av. J-C) et même dès le Néolithique (5000-3800 av. J-C).



 


 Objets découverts à Hésingue, datant du Néolithique (à gauche) et de l'Age du Bronze (à droite)


jusqu'à 58 av. J-C
Une colonie Rauraque occupe la région. Village celte à Bâle.

58-51 av. J-C

Guerre des Gaules

1er et 2ème siècle
Paix romaine et essor de la civilisation gallo-romaine.

3ème siècle
Période d'anarchie

à partir de 259
Incursions des Francs en Gaule. Invasion des Alamans dans notre région.

275
Les Alamans franchissent le Rhin.

406-407
Grandes invasions germaniques par le Rhin.

476
Fin de l'Empire romain d'occident.

496
Clovis bat les Alamans à Tolbiac.

481-511
Règne de Clovis

Dans l'Antiquité

Avant l'époque romaine, la région fut occupée par les Celtes et notamment par la tribu des Rauraques.

Les romains s'y installèrent dès le milieu du premier siècle avant Jésus-Christ.
Une route romaine connue sous le nom de "Römerstrasse" et "Alte Strasse" dont on pouvait encore suivre la trace au début du 20ème siècle, passait à Hésingue en provenance d'Augusta Raurica, Biningen, Hégenheim et se poursuivait vers Blotzheim, Bartenheim. Elle était doublée d'une seconde voie parallèle, longeant les collines et appelée "Heerstrass".
D'après l'abbé historien Joseph Schmidlin, le site de l'église de Hésingue aurait été une specula romaine (tour de guet).
A l'occasion de divers travaux de terrassement dans le village, des dépôts monétaires ont été trouvés avec notamment des pièces de monnaie frappées à l'effigie de l'empereur Aurélien (270-275) et Maximin (235-238).




Au 5ème siècle, après la chute de l'empire romain, les Alamans dominèrent dans la région avant d'être soumis par les Francs. Les noms de villages se terminant par "ingen" francisé en "ingue" comme Hésingue reflètent cette occupation alamane.




                                               Bijou antique trouvé à Hésingue


771-814
Règne de Charlemagne


814-840

Règne de Louis le Pieux


843

Traité de Verdun et partage du Royaume entre Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique.


843-877

Règne de Charles le Chauve sur la Francie Occidentale.


843-876

Règne de Louis II le Germanique sur la Francie Orientale.


843-855

Règne de Lothaire. L'Alsace fait partie de la Francia Media.

855
Mort de Lothaire. Charles et Louis se répartissent les territoires de Lothaire.


870

L'Alsace fait partie de l'Empire de Francie Orientale.


962

Otton 1er fonde le Saint Empire romain germanique.


987-996
Règne d'Hugues Capet


1215-1250

Règne de Frédéric II de Hohenstaufen


1226-1270

Règne de Saint-Louis


1250-1254

Règne de Conrad IV


1250-1273

Grand interrègne. Temps des chevaliers pillards et du "droit du poing"


1270-1285

Règne de Philippe III


1273-1291

Règne de Rodolphe 1er de Habsbourg


1285-1314

Règne de Philippe le Bel


1291-1346

Période d'anarchie


1291-1298

Règne d'Adolphe de Nassau


1298-1308

Règne d'Albert de Habsbourg


1337-1453

Guerre de Cent Ans


1346-1378

Règne de Charles IV de Bohème


1350-1364

Règne de Jean II le Bon


1364-1380

Règne de Charles V

1378-1400
Règne de Venceslas 1er de Bohème



1380-1422

Règne de Charles VI


1400-1410

Règne de Robert "Ruprecht� von der Pfalz


1410-1437

Règne de Sigismond de Hongrie





















1422-1461

Règne de Charles VII












1429-1431

Intervention de Jeanne d'Arc



1438-1439

Règne d'Albert II de Habsbourg


1440-1493

Règne de Frédéric III de Habsbourg


































1461-1483

Règne de Louis XI




























1493-1519

Règne de Maximilien 1er de Habsbourg

1498-1515
Règne de Louis XII











1515-1547

Règne de François 1er


1519-1556

Règne de Charles Quint
Au Moyen-Age


Sous le règne de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, un certain Hagilo était vassal du roi à Hésingue.











En l'an
 845, il échangea ses terres situées "in villa Hassinga", avec Sigismar abbé de Murbach, contre d'autres situées à Hanolteswiller dans le pays de Sisgau. Louis le Germanique, roi de la Francie orientale, fils de Louis le Pieux, confirma cet échange par un document fait à Serenica (Sierentz) le 29 juin de l'an II de son propre règne. Ce document est la première mention écrite du village de Hésingue.

Ainsi les abbés de Murbach devinrent les premiers véritables seigneurs de la localité sous l'empire carolingien
 
et Hésingue fera partie des biens de l'abbaye pendant plus de 800 ans.

Selon la coutume médiévale, le village et les terres de Hésingue furent donnés en fief à différents nobles devenus vassaux de l'abbé.





Après la dislocation de l'empire carolingien naissait la féodalité et les propriétaires les plus riches des villages firent construire des maisons fortes.

Un château est cité à Hésingue dès 1235. 

Parmi la noblesse villageoise on peut citer Hezilone de Hesingin vers 1234, Conradus de Hesingen en 1284, Meyer Johans von Hesingen "der munzer" en 1297, le chevalier Richard von Hesingen en 1359.


Mais c'était la famille noble Zu Rhein qui fut le plus intimement liée à l'histoire de Hésingue. 
En mai 1253, l'abbaye de Murbach donna ses biens de Hésingue, y compris la cour dîmière, en fief à Jean Zu Rhein et au chevalier Otto Schaler bourgmestre de Bâle.
Jean Zu Rhein était le fondateur de la branche Zu Rhein de Hésingue. Originaires de Bâle et comptant parmi les principaux vassaux de l'évêque de cette ville, les Zu Rhein y détenaient aussi des biens d'église.


De nombreuses maisons religieuses et couvents, surtout bâlois, avaient également des possessions à Hésingue.













En 1349, la peste noire qui ravageait toute l'Europe se déclara dans notre région. L'épidémie ne prit fin qu'en 1352, laissant des milliers de morts (14000 à Bâle).

Le 18 octobre 1356 un grand tremblement de terre secoua Bâle et sa région, faisant probablement souffrir le château de Hésingue comme de nombreux autres châteaux de la région bâloise et du Sundgau.

En 1379, l'évêque de Bâle inféoda les débris du château de Waldeck (Leymen) ruiné par le tremblement de terre, avec toutes ses dépendances aux frères Fritscheman et Hertrich Zu Rhein de Hésingue.

Le moulin de Hésingue est mentionné pour la première fois dans un acte de vente en 1379.

En 1401, l'écuyer Frytschemann Zu Rhein possédait la moitié des étangs, des bois, des gens de la cour, de la cour dîmière, de la dîme, de la basse justice et du moulin de Hésingue ainsi que la totalité du droit de collation.

En ce 15ème siècle, le fief des Zu Rhein Hésingue allait être fortement menacé. Ce fut une époque de malheurs et sans doute la plus terrible de l'histoire de Hésingue. La rivalité entre les Habsbourg et les confédérés, les Bâlois notamment, peuvent expliquer ces malheurs encourus par le Sundgau à la fin du Moyen-Age. La région frontalière fut régulièrement ravagée et Hésingue eut maintes fois à souffrir des conflits qui périodiquement dévastaient l'Alsace du sud transformant le Sundgau en véritable champ de bataille.
Le duc Léopold d'Autriche avait donné des droits sur ses domaines dans le Sundgau à son épouse Catherine de Bourgogne, fille de Philippe le Hardi.
En
1406, les Autrichiens et bourguignons entrèrent en guerre avec l'évêque de Bâle, celui-ci ayant vendu Petit-Bâle au conseil de cette ville malgré les protestations de Catherine de Bourgogne. Ainsi au mois d'octobre 1409, Hésingue, son château et les villages ayant pris parti de Bâle furent incendiés et pillés par les troupes autrichiennes et bourguignonnes. Et c'est en 1412 que Jean Lupfen, bailli des Habsbourg en Alsace, s'empara du château pour le compte de Catherine de Bourgogne qui le donna en fief à Jean Zu Rhein noble de sa cour et ministériel de l'abbaye de Murbach.
En 1418, l'abbé de Murbach inféoda à nouveau le village aux frères Burkhard et Bernhard Zu Rhein et à leur cousin Alexis. Il en résultat une longue querelle entre l'abbaye de Murbach, la Maison d'Autriche et les Zu Rhein. Pour la Maison d'Autriche, Hésingue était devenu village de la seigneurie de Landser et relevait de ce fait de l'administration de la régence autrichienne d'Ensisheim. Pendant tout le Moyen-Age, Hésingue allait vivre cette singularité d'être une enclave de Murbach dans le Sundgau habsbourgeois. Ainsi les gens de Hésingue étaient doublement imposés, payant des impôts à la fois à l'abbaye de Murbach et à la seigneurie de Landser.
Dans les derniers jours de mai 1425, les troupes de Thiébaud de Neuchâtel à la tête de 500 cavaliers apparurent aux portes de Bâle, incendiant le village de Hésingue ainsi que le château avec cour et fossé avant de s'enfuir. En 1427, Hésingue fut une nouvelle fois incendié au cours d'un conflit opposant Thiébaud de Neuchâtel à l'évêque de Bâle. L'abbaye de Murbach continua toutefois de donner le château en fief, avec dîme, droit de collation, haute et basse justice, aux Zu Rhein.

Le 9 février 1437, Frédéric Zu Rhein, fils de Fritscheman le jeune de la lignée de Hésingue, fut élu évêque de Bâle. 

Après la libération de la France par Jeanne d'Arc, Charles VII envoya des troupes sur requête du duc Frédéric III d'Autriche lui demandant de secourir la ville de Zürich face aux confédérés. Ainsi, profitant d'une trêve de la Guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre, une armée de 30 à 40000 mercenaires au "chômage", sous la conduite du Dauphin et futur Louis XI, pénétra dans le Sundgau et se dirigea vers les portes de Bâle. Une bataille féroce s'engagea à Saint-Jacques sur la Birse le 26 août 1444. Mais les armagnacs durent se retirer face à la résistance héroïque des confédérés et une trêve fut signée. Ils installèrent alors leurs quartiers d'hiver dans la région, se livrant à toutes sortes d'excès, pillant et massacrant, d'où leur nom "les Ecorcheurs" (die Schinder). Le futur roi de France résida probablement au château de Hésingue. Au printemps 1445, les armagnacs subirent une cuisante défaite à Dambach et quittèrent l'Alsace non sans l'avoir ruinée, laissant le village de Hésingue en proie aux flammes.
Après le départ des armagnacs, les Bâlois envahirent le Sundgau par mesure de représailles envers les principaux nobles Sundgauviens vassaux de la Maison d'Autriche et soutiens des armagnacs. Lors de cette guerre du Sundgau, la première attaque se déroula non loin du moulin de Hésingue. Les Zu Rhein furent battus et eurent de nombreuses pertes.

Fin 1448, les seigneurs de Rheinfelden chevauchèrent quotidiennement en direction de Bâle, pillant, chassant les troupeaux et assassinant. En représailles les Bâlois employèrent les mêmes manières guerrières.

Le 7 janvier 1449, les Soleurois en guerre contre la Maison d'Autriche rencontrèrent des ennemis à Hésingue. Le Château et la localité furent incendiés.

Peu après 1453, le couvent Saint Léonard de Bâle entra en possession par achat ou les ayant obtenu par gage, de biens des Zu Rhein à Hésingue.

Au mois de juin 1468, les Suisses des villes de Berne, Soleure et Fribourg, alliés de la ville de Mulhouse en conflit avec les nobles fidèles des Habsbourg, mirent sur pied des forces importantes et firent la guerre aux vassaux autrichiens, pillant et incendiant des villages avec leurs châteaux dont fit une nouvelle fois partie Hésingue.

Le 25 août 1468, le duc Sigismond d'Autriche signa la paix avec les confédérés et s'adressa à Charles le Téméraire duc de Bourgogne afin d'obtenir son aide pour pouvoir s'acquitter de l'importante indemnité de guerre. Il engagea pour 80.000 florins, les terres autrichiennes d'Alsace que Charles le Téméraire mit sous sa haute protection. Le 30 octobre 1474, ses troupes saccagèrent une trentaine de villages dont Hésingue. A leur tour les confédérés établirent leurs quartiers à Hésingue, Blotzheim, Bartenheim, avant d'investir Héricourt où s'étaient retranché les mercenaires bourguignons. Le conflit prit fin en cette année 1474 et le Sundgau redevint autrichien pour le rester jusqu'en 1648. 

En 1478, le grand bailli des domaines autrichiens saisit comme fief tombé en commise, le château de Hésingue avec les vassaux et les biens qui en dépendaient et les Habsbourg tentèrent une nouvelle fois de faire connaître leur suzeraineté sur le village et le château de Hésingue.

Le 4 janvier 1479, Gaspard Zu Rhein Seigneur de Hésingue, neveu de l'évêque Frédéric Zu Rhein, est à son tour élu évêque du diocèse de Bâle.

En 1499, le règne de Maximilien 1er fut troublé par la Guerre des Souabes qui frappa le Sundgau. Les Suisses nouèrent des alliances en vue de l'ultime confrontation avec la Maison d'Autriche. Le 23 avril, le village et le château de Hésingue furent pris et incendiés par les Soleurois. Dès le moi de juin les confédérés suisses occupèrent le Sundgau après qu'au mois de mai une nouvelle attaque fut dirigée sur Hésingue tenu par 600 hommes, et Blotzheim. Après la victoire des confédérés à Dornach, le 22 juillet 1499, la paix fut signée à Bâle et la Suisse devint une confédération indépendante à laquelle adhéra la ville de Bâle en 1501. Un terme définitif était mis aux conflits entre les confédérés et les Habsbourg, qui virent disparaître de nombreux villages dans notre région dont peut- être Reckwiller. 

En 1545, après le rachat des droits des Zu Rhein par l'abbaye de Murbach, Hésingue devint propriété exclusive de l'abbaye. Le château servait alors de résidence occasionnelle aux moines et à l'abbé avant de devenir la résidence du bailli mis en place par Murbach pour administrer la cour dîmière.




            Abbatiale de Murbach et carte représentant l'enclave de Hésingue, possession 
            de Murbach, perdue au milieu des terres autrichiennes



 


                           Borne datant de 1584, située au lieu-dit Fichthag.
   Séparant autrefois les bans des communes de Hésingue et Michelbach-le-Bas, 
   elle présente  les armoiries de l'abbaye de Murbach, côté Hésingue (image de gauche)
   et celle des Habsbourg, côté Michelbach-le-Bas (image de droite)


1556-1564
Règne de Ferdinand 1er

1589-1610
Règne de Henri IV

1610-1643
Règne de Louis XIII

1618-1648
Guerre de Trente Ans

1619-1637
Règne de Ferdinand II




















1637-1657

Règne de Ferdinand III

1643-1661
Régence d'Anne d'Autriche et gouvernement de Mazarin

La Guerre de Trente Ans

En hiver 1632, la guerre de trente ans gagnait la Haute Alsace avec l'arrivée des troupes suédoises. Elle s'intensifia rapidement avec la révolte des paysans de Landser et Ferrette, et pour Hésingue commença une longue période de misère.


Les paysans sundgauviens en révolte contre l'oppression suédoise avancèrent sur Blotzheim après avoir causé de gros dommages à Ferrette. Pour combattre cette révolte, le colonel Sébastien de Harpf qui avait son quartier général à Landser, marcha sur Hésingue où il fixa sa résidence.
Une terrible bataille qui opposa les paysans mal armés aux soldats suédois fit de 800 à 1000 morts et plusieurs centaines d'hommes furent captivés par les Suédois.

Le 29 janvier 1633, les 48 meneurs furent pendu à trois arbres le long de la route menant vers Bâle, près de Hésingue (une gravure du musée de Huningue illustre l'évènement).

En cette année
1633, le commissaire royal suédois voulut incorporer le village de Hésingue dans la seigneurie de Landser occupée par les troupes suédoises et les sujets prêtèrent serment au roi de Suède non sans déclarer qu'ils étaient sous la domination de l'abbaye de Murbach.
La répression et la dévastation touchèrent
le village et lorsque les Suédois redevinrent maîtres du Sundgau, de nombreux Sundgauviens dont 37 Hésinguois trouvèrent refuge à Bâle.
La famine s'installa poussant même les gens à se nourrir d'animaux crevés. Puis ce fut la peste qui éclata la même année et décima une grande partie de la population.


En 1635, l'armée de Henri de Rohan éleva son camp près de Hésingue et Hégenheim, et pilla de nombreux villages dans les environs. L'occupation par les troupes françaises se traduisait par de nouveaux impôts et les établissements religieux furent pillés et  incendiés, entraînant une grande misère de 1643 à 1647.
Pendant cette guerre, le village a dû payer 3.127 écus aux occupants suédois, 800 aux troupes françaises et encore une fois 1.907 écus aux français après le départ des suédois.

Le conflit s'acheva en 1648 avec la signature du Traité de Westphalie qui vit passer tous les biens et droits de la Maison d'Autriche en Alsace à la Couronne de France.
Le Sundgau de l'après guerre de trente ans était un champ de ruine où régnait la misère et la désolation. Les terres étaient abandonnées; Incendiés et pillés, les villages s'étaient vidés
de leur population et en 1648 Hésingue ne comptait plus que 46 foyers. Ces années de malheurs restèrent gravées dans la mémoire populaire et au siècle dernier, les vieilles personnes évoquaient encore "D'r Schwedakriag".
 




                   "Les pendus de Hésingue"  Gravure conservée au Musée de Huningue


1643-1715
Règne de Louis XIV

1658-1705
Règne de Léopold 1er















































1705-1711

Règne de Joseph 1er

1711-1740
Règne de Charles VI

1713-1740
Règne de Frédéric Guillaume Roi de Prusse

1715-1774
Règne de Louis XV

1740-1758
Guerre de Succession d'Autriche

1740-1786
Règne de Frédéric II Roi de Prusse

1742-1745
Règne de Charles VII

1745-1765
Règne de François 1er de Lorraine

Au temps de la Monarchie française

En 1662, un édit de l'intendant d'Alsace Colbert de Croissy invita les Français des autres provinces et les étrangers à venir s'implanter dans la région, sur les terres abandonnées afin de redresser l'économie de l'Alsace. Le régime de faveur promis aux nouveaux arrivants provoqua une forte immigration en provenance du Palatinat, du Tyrol et de la Suisse alémanique.

En 1665, le prince abbé de Murbach, Colomban d'Andlau, fut déposé en raison de son manque de docilité à l'égard de la France et exilé à Hésingue où il résida au château jusqu'à sa mort en 1707.
Le 1er août de la même année, le comte Philippe Eberhard Joseph de Löwenstein-Wertheim prince du Saint Empire, abbé commanditaire des abbayes de Murbach et de Lure, fut ordonné prêtre en son château à Hésingue.

Le Traité de Westphalie ne marqua pas la fin des hostilités pour la Haute Alsace et dès 1673, Louis XIV engagea la France dans une nouvelle guerre contre l'empire et les villes impériales d'Alsace. Durant cinq années l'Alsace avait à nouveau à souffrir de pillages, d'incendies et de contributions de guerre.
Au printemps de l'année
1674, Turenne arriva avec les troupes françaises dans la région frontalière où son armée campa au Nord-Est de Hésingue, pour garder la rive gauche du Rhin.
En octobre
1676, ce fut François Henri de Montmorency-Bouteville duc de Luxembourg maréchal de France qui fit camper ses troupes à proximité de Hésingue. Ainsi Bâle connut un nouvel afflux de réfugiés dont 87 venant de Hésingue.
En juillet-août
1677, Hésingue devint le quartier général français des armées du général Monteclar qui menaçait Bâle.

Le 5 février
1679, fut signée la Paix de Nimègue qui confirma l'appartenance de l'Alsace à la France et la seigneurie territoriale de Murbach dont Hésingue fit partie fut rattachée à la France en 1680.

Entre 1680 et 1691, à l'époque de la construction de la place forte de Vauban à Huningue qui vit la naissance de nouvelles localités comme Village-Neuf ou Saint-Louis, une nouvelle route, la "Hohe Strasse", fut construite à travers le Sundgau. Celle-ci débouchait sur Hésingue et devait relier Belfort à Huningue.

Lorsqu'en 1681 le receveur général du Sundgau L'Hermine visita la contrée, le château de Hésingue "grand et commode" était abandonné et démeublé.

A partir de 1701, le château et les biens seigneuriaux seront loués à diverses personnes.










Dans la nuit du 12 au 13 avril 1744, le château fut en grande partie dévoré par les flammes, sinistre dû à la négligence d'un cavalier du Régiment de Beaucaire, en cantonnement à Hésingue pendant la Guerre de Succession d'Autriche et qui à la suite d'un délit se trouvait dans les geôles du château.





En 1751, la communauté de Hésingue demanda à être détaché du baillage de Landser pour être rattaché à celui de Ferrette, ce qui prit effet au 1er janvier 1752.


Selon le souhait des paroissiens, l'église "trop petite pour contenir la communauté nombreuse de Hésingue", fut rebâtie à partir de 1758 et consacrée le 12 juin 1773. 




              Hésingue et son château en 1688  (Extrait du plan Cheylat, IGN Saint Mandé)


1765-1790
Règne de Joseph II

1774-1792

Règne de Louis XVI

1786-1797
Règne de Frédéric Guillaume II Roi de Prusse

1789
Révolution Française.
Fin de l'Ancien Régime.

1790-1792
Règne de Léopold II

1792-1806
Règne de François II






1792

Abolition de la royauté.
An 1 de la République.
La Révolution

Les 27, 28 et 29 juillet 1789, l'insurrection paysanne dévasta et incendia le greffe de Hésingue.










Le 15 mars 1791, les biens nationaux appartenant à l'abbaye de Murbach situés sur le ban de Hésingue ainsi que les biens de la cure du lieu furent vendus aux enchères publiques, de même que des terres, des forêts et le château qui était entièrement dégradé.

Avec les premières campagnes de la Révolution, le camp de Hésingue formé par le général Custine, avait pris une position stratégique de première importance dans le dispositif de défense de l'armée du Rhin afin de veiller à ce que les impériaux ne violent pas la neutralité helvétique.
En mai
1792, le camp de Hésingue rassemblait 6000 à 7000 hommes et en septembre ils étaient 10000 pour le grand mécontentement de la municipalité qui déplorait la perte de terres cultivables. Les bois du Reckwiller offrirent alors refuge aux gens de Hésingue avec leur bétail, cherchant à se soustraire aux soldats du camp.
Le 25 septembre
1792, après la bataille de Valmy, les Autrichiens suspendirent leurs projets d'invasion et se retirèrent en Forêt-Noire.
Le camp fut alors négligé lors de la seconde campagne en
1793, mais aussitôt réoccupé en septembre après les tentatives de passage du Rhin.

Plan du "Hesinger Schlossgut" (Domaine du château) réalisé en l'an VII de la République (1798-1799)

Avec la Révolution, le domaine du château définitivement détruit en 1744 par un incendie accidentel, est devenu bien national.
Le procès-verbal de sa vente, le 2 thermidor de l'an IV (20 juillet 1796), fait état d'un "vieux château avec bâtiments et dépendances et qui se trouve entièrement dégradé, l'enclos consistant en prés et champs et de la contenance d'environ 6 arpents provenant de la ci-devant abbaye de Murbach".
L'ensemble est très endommagé par le parc d'artillerie et le magasin à bois qui y avaient trouvé refuge dans l'enceinte de l'enclos.
Selon la tradition locale, les pierres de l'ancien château auraient servie pour la construction de quatre maisons à Hésingue et le moulin d'Allschwill.

 



1797-1840
Règne de Frédéric Guillaume III Roi de Prusse

1799
Coup d'état de Bonaparte

1804-1814
Règne de Napoléon. L'Empire

1806
Fin du Saint EmpireGermanique (1er Reich de 962 à 1806)

1806-1813
Confédération du Rhin sous protectorat français

1806-1871
Zwischenreich

1815
Les Cents Jours. Retour de Napoléon. Défaite de Waterloo.

1814-1824
Règne de Louis XVIII

1824-1830
Règne de Charles X


1830-1848
Règne de Louis-Philippe 1er


1848-1852
Deuxième République


1840-1861

Règne de Frédéric Guillaume IV Roi de Prusse

1852-1870
Règne de Napoléon III.
Second Empire.

Du Premier au Second Empire
 
 





Entre 1809 et 1811, le cadastre dit napoléonien fut dressé, divisant le ban communal de 869 hectares 88 en 6 sections, 9824 parcelles pour 513 propriétaires. La localité comptait alors 810 habitants.


En décembre
1813
, lorsque l'armée alliée franchit la frontière franco-helvétique afin de déborder le flanc droit français et d'assurer le blocus de la place forte de Huningue, le général de Wrede ancien général de la Grande Armée, installa son quartier général à Hésingue. Le village souffrait alors de la navette continuelle des troupes. Un magasin de vivres fut établi à Hésingue et les réquisitions énormes pour l'alimentation des différentes troupes stationnées dans la région frontalière fit souffrir tout le canton et taxa lourdement les paysans.

Dans la nuit du 26 au 27 juin 1815, des bâtiments communaux furent incendiés par les troupes alliées . La commune se plaignit alors de la conduite des troupes d'occupation et protesta contre l'imposition de guerre.

Sous la restauration et le Second Empire, la commune de Hésingue était qualifiée comme étant l'une des plus pauvres de l'arrondissement de Mulhouse. 

Lorsqu'en 1837 il fut décidé de prolonger la ligne de chemin de fer Strasbourg-Mulhouse vers Bâle, Hésingue demanda que la ligne n'emprunte pas son territoire, "pour conserver des terres de bonne qualité".





En 1867, une nouvelle mairie-école (l'actuelle mairie), put enfin être construite, alors que cette nécessité avait déjà été reconnue dès 1814 car l'ancienne maison commune menaçait ruine. 



 



1861-1888
Règne de Guillaume 1er

1862-1890

Bismarck chef du gouvernement prussien (chancelier)

1870-1871
Guerre de 1870-71

1870-1914
Troisième République

1871-1918
2ème Reich

1871-1873
Adolphe Thiers Président de la République

1888
Règne de Frédéric III

1888-1918

Règne de Guillaume II
Dans l'Alsace allemande






Lorsqu'en 1871 l'Alsace-Moselle fut annexée par l'Allemagne, un certain nombre de natifs de Hésingue émigrèrent, choisissant la France comme patrie.



En
1900, la commune comptait 1328 habitants.

Peu après le début du 19ème siècle, un effort de modernisation fut entrepris. Le Kreisdirektor proposa de faire installer l'eau courante, mais le village refusa, préférant des fontaines supplémentaires. La question de la canalisation de l'eau occupa les délibérations pendant 29 ans. Pourtant le village évolua. On parlait d'installer l'électricité, ce qui sera fait en 1913. Le gaz aussi était un sujet en débat aux séances du conseil municipal.
En
1902, on parlait d'une nouvelle mairie et d'une nouvelle école. Il était également question d'un projet de ligne de tramway "Bâle - Allschwil - Hégenheim - Hésingue - Saint Louis - Bâle", mais la réalisation de ces projets sera empêché par la guerre.

Peu avant la Guerre 1914-18, une fraction sociale-démocrate manifestant des tendances ani-cléricales et une opposition à l'empereur Guillaume II, s'installa au conseil municipal.




Hésingue au début du 20ème siècle


1913-1920
Raymond Poincaré Président de la République


1914-1918
Première Guerre Mondiale


1914-1918
Plein pouvoir au gouvernement

La Première Guerre Mondiale

Au mois d'août 1914, lorsque éclata la guerre, un combat entre une patrouille allemande et une patrouille française dont chacune perdit un homme, eut lieu à Hésingue.

Dès l'automne 1914, une clôture en barbelé électrifiée allant du Rhin jusqu'au Jura alsacien, fut posée créant une zone neutre le long de la frontière suisse. Un poste de passage se trouvait à Hésingue et le village voisin de Hégenheim se situait dans la zone neutre.

De nombreux hommes valides du village ont été mobilisés dans l'armée allemande et 50 d'entre eux tombèrent au champ d'honneur.

En mars 1917, quatre cloches de l'église furent réquisitionnées comme emprunt de guerre ; l'une d'entre elles allait retrouver sa place quelques années plus tard.

En 1918, l'Alsace redevint française mais les problèmes restaient les mêmes que ce qu'ils étaient avant le premier
conflit mondial.




Soldats allemands au village pendant la guerre 1914-18


1924-1931
Gaston Doumergue Président

1925-1933
Hindenburg Président de la République de Weimar


1929-1933
République de Weimar

1931
Paul Doumer Président

1932-1940
Albert Lebrun Président

1933
Hitler Chancelier
 
L'entre-deux guerre

L'époque d'entre-deux guerres se caractérisa par une grande pauvreté et beaucoup de chômage.

Le conseil municipal de l'après-guerre était socialiste et anti-clérical ce qui engendra beaucoup de tensions avec le curé.


Dans le cadre de l'édification de la Ligne Maginot entre 1929 et 1940, le village de Hésingue fut organisé en centre de résistance avec une quinzaine d'ouvrages bétonnés, fossés antichar et réseaux barbelés.

Ancien bunker aujourd'hui envahi par
la végétation, au lieu-dit Augbrunnen

 


1933-1945
3ème Reich

1939-1945
Seconde Guerre Mondiale



1940

L'Alsace est annexée par Hitler


1940
Gouvernement Pétain









1944-1946

Gouvernement provisoire de la République Française
La Seconde Guerre Mondiale

Le 2 septembre 1939, le village fut évacué vers les Landes où les Hésinguois allaient séjourner pendant un an à Grenade sur l'Adour.
Lors de la débâcle, les ponts dont celui de la rue de Hégenheim, furent détruits par l'armée française pour retarder l'avancé de l'ennemi.
Des canons furent installés au Reckwillerhof et mis hors d'état lors des combats de
1940
.

Le 15 octobre 1940, la plus grande majorité de la population revint au village et trouva les lieux occupés par les nazis. Beaucoup de maisons étaient dévastées et pillées.
Puis la vie s'organisa sous l'occupation allemande ; tout était germanisé, l'ordre strict et les denrées rationnées. La population vivait dans la peur et la méfiance.
A partir de
1942 une centaine de jeunes de la commune furent mobilisés de force par la Wehrmacht et 27 d'entre eux tombèrent au front.

Le 20 novembre 1944, la 9ème division de la 1ère armée française venant du Territoire de Belfort, mena une offensive en direction du Rhin. Ce fut le 1er escadron du Régiment des Spahis Algériens de Reconnaissance qui entra le premier à Hésingue, suivi par la Brigade Légère du Languedoc. Vers onze heures et demi, une foule euphorique accueillit ses libérateurs.
Fin novembre, le colonel Thomas installa son poste de commandement à la mairie. Les soldats furent logés dans des chambres réquisitionnées chez l'habitant ou dans les étables.

Trois mois après la libération, le 13 février 1945, deux obus de gros calibre tirés d'un canon depuis le Rocher d'Istein et visant probablement le poste de commandement, détruirent une maison rue de Saint-Louis et la laiterie, faisant un mort.

Après la capitulation, en 1945-46, des prisonniers de guerre allemands furent internés à Hésingue, travaillant dans les fermes ou chez des particuliers.



Sous l'occupation, les drapeaux nazis flottent aux fenêtres




                           Le retour des réfugiés                                        La libération


1945-1949
Allemagne sous contrôle des alliés

1946-1958
Quatrième République
L'après-guerre

Après le deuxième conflit mondial, Hésingue adhéra selon décision du conseil municipal du 12 juillet 1946, à la création de la "Région Française de Bâle". L'adhésion à ce groupement d'urbanisme de Bâle-Huningue s'explique par l'intérêt direct de la commune aux travaux de l'aéroport de Bâle-Mulhouse auquel elle décida de céder 165 hectares pour la construction des pistes.



L'aéroport de Bâle-Mulhouse dans les années 50. En haut à droite Hésingue


 

 
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